venerdì 10 aprile 2020

CONTRIBUTION DE JANGHI A LA LUTTE CONTRE LE COVID 19 AU SENEGAL (période entre le 4 mars et le 9 avril 2020).




Dès l'apparition du 1er cas d'infection par le Covid 19 au Sénégal, Janghi a décidé de s'engager dans la lutte contre la diffusion de l’épidémie dans le pays en agissant dans le cadre de ses différents domaines d'intervention et auprès de sa population cible.
Avant la fermeture des écoles Janghi a fait une action de sensibilisation des enseignants sur cette nouvelle pandemie, ses conséquences, son danger et ses moyens de prévention.

INTERVENTION A L'ECOLE PRIMAIRE PUBLIQUE ALIEU SAMB DE NGOR
C'est l'école où Janghi a pu obtenir l'inscription de 6 enfants guinéens qui vivent dans des baraques aux Almadies. 
C'est le Directeur de l'Ecole, Mr Dieng, qui a fait la demande à Janghi pour obtenir un appui dans le cadre de la lutte contre le Covid19 au niveau de son école qui a 700 élèves.

Le 4 mars, a 13h30 a eu lieu la séance. Un comité de 3 membres de Janghi (deux médecins: Corinne et Mme Mbow et une professeure de SVT, Codou) se sont rendus à l’école et ont rencontré le directeur, plusieurs enseignants, des surveillants d’élèves et la présidente de l’Association des Parents d’élèves. Une discussion intéressante a eu lieu sur le virus, le diagnostic et la transmission, les mesures d'hygiène, les réflexes à avoir et comment réagir en présence d’un cas suspect.
Les enseignants se sont engagés à transmettre à leurs élèves les notions discutées et à faire pratiquer le lavage des mains régulier.

Une dotation en produits d'hygiène (savon ordinaire, eau de Javel, savon liquide pour les surfaces) a été remise par Janghi à l'école et une visite des conditions des points d'eau et toilettes a été faite.
Cette visite a permis de voir qu'une grande partie de la cour de l'école est constamment inondée car située en dessous du niveau de la rue et près de la nappe souterraine et surtout qu'il n'y avait pas de lavabos fonctionnels pour le lavage des mains des enfants et une deuxième visite avec un maçon et un plombier a été programmée pour trouver une solution à ce problème extrêmement sérieux.

Après la visite de l'équipe technique (Papa, maçon et membre de Janghi qui supervisera les travaux et un plombier) les travaux suivants ont été décidés et exécutés:

1. Créer 2 grands lavoirs externes: un près des toilettes des enfants et un près de l'entrée de l'école où s'installent d'habitude les vendeuses de goûter pour les écoliers



2. Réparer et rendre fonctionnels deux des lavoirs mobiles UNICEF dont les robinets étaient cassés et n'avaient pas de support pour permettre l'évacuation de l'eau sale dans un seau 





3. Rendre fonctionnelles les toilettes des enseignants en mettant la canalisation pour y faire arriver l'eau (l'eau n'arrivait pas dans cette zone de la cour)







4. Réparer les dalles du sol et créer une terrasse cimentée soulevée près des lavoirs afin que cette zone ne soit pas inondée









Le financement (total 443 530 Fr) a été entièrement payé par le fond récolté par deux membres de Janghi (Christine et Natalia) et destinés à  amener l'eau là où les enfants soutenus par Janghi n'en avaient pas. La priorité a été donnée aux travaux de cette école dont bénéficieront 700 élèves. Avec le restant du fond on prévoit de carreler les lavoirs avant la réouverture de l'école


DOTATION DE PRODUITS D’HYGIÈNE AUX ENFANTS DES BARAQUES AUX ALMADIES
Ce sont des enfants fils des immigrés de la Guinée qui vivent dans des baraques dans les terrains non encore construits des Almadies et dont les parents font des travaux journaliers dans les chantiers et les mamans vendent des arachides et des bananes sur la route. Ils vivent dans des conditions très difficiles sans électricité et surtout sans eau. Il n'y a pas de fontaines publiques aux Almadies donc ils sont obligés à en acheter par petites quantités dans certains endroits où on la leur vend. 
Janghi a offert aux familles des élèves de l'Ecole de Ngor, parrainés par Janghi des seaux avec des produits d'hygiène (savon ordinaire, savon liquide, eau de Javel). La recherche de solutions pour qu'ils aient accès à l'eau sont en cours.

INTERVENTION A L'ECOLE DE ENFANCE ET PAIX AUX PARCELLES ASSAINIES
C'est l'école du principal partenaire de Janghi où sont inscrits le plus grand nombre des bénéficiaires du projet de scolarisation, essentiellement les enfants ne pouvant pas accéder à l'école publique,  dont les talibés. 
12 Mars: Une séance d'information et sensibilisation des enseignants du primaire a été faite par les deux membres de Janghi Sheikh (infirmier d'état) et Mme Mbow (pédiatre) avec la direction de l'école. Sheikh a donné toutes les explications et montré  dans la pratique tous les gestes fondamentaux à ne pas faire et ceux à faire pour éviter la transmission du virus.
Il y a eu un long débat très fructueux avec beaucoup de questions posées par les enseignants.

Les enseignants se sont engagés à transmettre à leurs élèves les notions discutées dont surtout  l'importance des mesures de prévention.
A la fin de la session une dotation de savon ordinaire , savon liquide, eau de Javel ainsi que des bassines et des carafes a été remise de façon à ce que chaque classe dispose d'un dispositif complet pour lavage des mains des élèves. 

INTERVENTION DANS LES DAARAS
Parmi les enfants a qui Janghi donne la possibilité d'aller à l'école il y a les talibés de trois daaras des Parcelles Assainies (PA). Les responsables de ces daaras leur permettent de fréquenter l'Ecole de Enfance et Paix soit à temps partiel dans les classes de transition, soit intégrés dans les classes normales.
Les trois daaras sont  :
  1. Daara Mame Khalifa Niass (MKN), situé à PA U18, le plus grand, dont le marabout est l’Imam de la mosquée du quartier, avec près de 90 talibés pour la plupart originaires du Saloum (Région de Kaffrine). Les enfants occupent 2 salles : une petite (3m x 5m) près de la chambre où vit le responsable, et une plus grande (5m x 7m) près de la mosquée.
  2. Daara Wahab, situé à PA U 17, avec près de 45 talibés pour la plupart originaires de la Région de Kolda. Les enfants occupent une salle de 5m x 4m et le daara dispose d’une petite cour.
  3. Daara Furkhane, situé à PA U15, avec près de 45 talibés internes, originaires de plusieurs régions (Kaolack, Touba, Dakar…). Le Daara occupe le 1er et 2ème étage (terrasse) d’un petit immeuble
Les 2 premiers, MKN et Wahab, sont des daaras dits traditionnels où la prise en charge des talibés se fait par la mendicité de ces derniers
Le 3ème est un daara dit moderne, où les enfants ne mendient pas car les parents contribuent en principe à leur prise en charge par un montant mensuel de 20 – 25.000 Fr cfa. A la contribution des parents, qui est très irrégulière, s'ajoute le revenu obtenu par le responsable à travers l'enseignement payant du Coran aux enfants du quartier qui viennent pendant la journée.

Formation des talibés "Volontaires pour la Santé au Daara" sur la pandémie du Covid 19 et ses moyens de prévention + rappel sur pratique des pansements des plaies

Janghi fait chaque année une visite médicale de tous les talibés des 3 daaras. Pour assurer les traitements prescrits et surtout prévenir les maladies, l’ONG avait formé en 2018 une dizaine 
de talibés (au moins deux pour chacun des 3 daaras) portés volontaires et choisis par le responsable du daara, sur les notions de base concernant la santé : notion de microbes et d’infection, cause des maladies plus fréquentes touchant les talibés, moyens de prévention des infections, signes de maladie et premiers gestes à faire avant de conduire l’enfant à l’hôpital, notions de nutrition, soins et pansements des plaies. Après évaluation de la formation, les talibés formés avaient été nommés « Volontaires pour la Santé au Daara » et une boite à pharmacie remplie et un kit de produits d’hygiène avaient été remis à chacun des daaras.
Le 17 mars Sheikh, infirmier d’état, s’est rendu sur place pour renforcer la formation et l’équipement des Volontaires pour la Santé présents : 4 (Mouhamed et Mansour Niah, Kabir Badiane et Babacar Ba) du daara MKN, & (Omar Diallo) du daara Wahab et 1 (El hadj Camara) du Daara Fourkhane
Les objectifs de cette nouvelle formation ont été:
  1. Informer sur la pandémie du COVID19, la situation dans le monde et au Sénégal, ses dangers, les moyens pour la prévenir, les gestes simples et efficaces d’hygiène
  2. Renforcer la formation théorique et pratique des soins des plaies
  3. Renouveler le kit de produits de soins des boites à pharmacie 
  4. Fournir à chaque daara une dotation de matériel et produits d’hygiène pour le lavage des mains
Les talibés volontaires ont reçu:
Un kit de produits pharmaceutiques: Bétadine Jaune, Bétadine scroub, Dakin, Cytéal, Compresses stériles, sparadrap, Fucidine crème et des flacons grands et petits de Gel hydroalcoolique. Cout total 52.210 Fr cfa
Un kit de produits d'hygiène par daara: 2 bassines, 2 pots de 1l, 2 sacs de 900 gr de savon en poudre, 1 bidon de 5l d'eau de Javel, 1 barre de savon ordinaire. Le daara MKN a reçu 2 kits car les talibés sont distribués dans 2 endroits differents. Cout total 34.630


Réunion du 21 mars avec les responsables des deux daaras traditionnels sur le confinement et la nécessite d’arrêter les activités de mendicité des talibés

Étaient présents pour Janghi : la Présidente Codou et le responsable Santé Sheikh, pour Enfance et Paix : le président et le directeur du primaire plus 3 autres membres, pour les daaras : leurs responsables, Imam Omar Niah pour le daara MKN et Diallo pour le daara Wahab

Une explication de la maladie et des mesures à prendre ainsi qu’un compte rendu de l’activité de formation pour les talibés Volontaires a été faite par Sheikh et les responsables des daaras ont confirmé que les recommandations reçues par ces derniers en termes d’hygiène des talibés ont été mises en place.
Ensuite le thème du confinement et du couvre-feu instauré par l’état du Sénégal a été discuté. En attendant que des directives et mesures soient prises par l’état, deux options possibles concernant les talibés ont été analysées.
Option 1 : les talibés retournent tous dans leurs familles au village. Janghi pourrait organiser le transport sécurisé. Cette option ne serait envisageable que si on la réalisait immédiatement car avec l’augmentation des cas positifs au Coronavirus d’origine communautaire à Dakar les enfants risqueraient d’être un véhicule de diffusion de la maladie à l’intérieur du pays
Option 2 : les talibés restent le plus possible confinés dans le daara ou dans une zone circonscrite sécurisée ce qui empêche toute activité de mendicité. Janghi pourrait aider pour les tout premières semaines à couvrir les besoins assurés auparavant par la mendicité. Mais Janghi n’a pas les moyens de le faire sur des périodes prolongées et dont on ne connait pas la durée.
Les responsables des daaras ont immédiatement écartée la première option. Ce n’est pas, d’après eux, moralement possible restituer les enfants à leurs parents, juste au moment des difficultés. Les parents ont eu confiance en eux jusqu’à leur confier leurs enfants et il faut assumer cette confiance.  
L’accord a été pris de commencer pendant une semaine et voir la faisabilité en attendant d’avoir plus d’informations sur l'avancée de la maladie et de connaitre les décisions de l’Etat que les responsables respecteront.
Ils ont pris l’engagement de ne plus faire mendier les talibés. Ces derniers pourront aller jouer au terrain de foot en face du Daara Mame Khalifa Niass, et pour les enfants du Daara Wahab ils pourront se détendre dans la  cours de l’école de Enfance et Paix qui se trouve juste à cote.

Une évaluation des besoins a été faite que Janghi essayera de satisfaire pour la ou les premières semaines en fonction de ses possibilités :
Nourriture et Hygiène: Janghi achètera un stock d’aliments non périssables et des produits d'hygiène pour les 2 daaras en fonction du nombre de personnes et complétera par un montant cash pour l’achat des produits frais (105.00 Fr pour le daara MKN et 45.000 Fr pour le Daara Wahab) par semaine

Liste des produits achetés  
ACHATS ET LIVRAISON 
effectués entre le 23 mars et le 9 avril

QTE OFFERTE

DAARA MKN
DAARA WAHAB
D. FURKHANE

100 enfants
45 enfants
45 enfants

1ère, 2ème, 3ème semaine
1ère, 2ème, 3ème semaine
Uniquement 3ème semaine
RIZ PRODUIT AU SENEGAL
sac de 25 kg
6
3
3
CONCENTREE DE TOMATE 
seau plastique 2kg
6
3
2
HUILE ARACHIDE OU TOURNESOL
bidon de 5l
3
1
2
HUILE D'ARACHIDE OU TOURNESOL
bidon de 3l

1

FARINE DE BLE
paquet de 2kg
1
1

VINAIGRE D'ALCOOL
bouteille 1l
2
1

OIGNONS 
Sac de 5kg
3
1

POMMES DE TERRE
Sac de 5kg
3
1

PATES ALIMENTAIRES
paquet de 5 kg
8
4

PATE ARACHIDE
seau de 5kg
2
1
1
EAU DE JAVEL
bidon 5l
2
1
1
SAVON POUDRE OU LIQUIDE
bidon 5l ou sac 5kg
2
1
1
SAVON ORDINAIRE
barre
8
4
4

Factures :
·         Loyer 125.000 Fr de loyer mensuel pour le daara Wahab
·         Facture d’eau : 35.000 Fr pour le Daara MKN et 31 000 Fr pour le Daara Wahab
·         Facture d’électricité : 30 000 Fr pour le Daara MKN  et 13 000 Fr pour le Daara Wahab



Santé : concernant les problèmes et besoins éventuels de santé, Sheikh a ouvert une chat WhatsApp de groupe comprenant lui, la pédiatre Mme Mbow et les volontaires pour la Santé au Daara.
Cette chat a permis à Sheikh de élaborer et partager des vidéos de rappel des mesures de prévention du Coronavirus (technique de lavage des mains etc.) destinées aux talibés. 
Déjà après les premiers 10 jours de confinement, les talibés Volontaires pour la Santé du Daara MKN ont signalé plusieurs cas de teigne du cuir chevelu, première conséquence de la promiscuité dans un espace restreint. Un traitement initial à base de vinaigre et bicarbonate a été instauré. Si ce traitement naturel accompagné de mesures accrues d'hygiène ne permettra pas de venir à bout de cette mycose un traitement médicamenteux sera entrepris. 



Les talibés des Daaras MKN et Wahab ont pu beneficier le 9 avril d'un don offert par Nestlé de respectivement 8 et 4 cartons de sachets de Cerelac. Les t-shirts offerts par la même société seront distribués aussi une fois qu'on aura défini des critères objectifs d'attribution.

Lettre à la Préfecture de Dakar et à la sous-préfecture des PA
Le 30 mars, lorsque Janghi a su que l'Etat du Sénégal envisageait d'intervenir en support aux Daaras dans le cadre de son appui au confinement, Janghi a écrit une lettre aux autorités compétentes pour les informer des activités entreprises et demander "Maintenant que nous avons su que le Ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants est engagé à trouver des solutions, nous aimerions participer, sous ses directives pour nous joindre aux efforts coordonnés par le département."



lunedì 23 dicembre 2019

NOTRE EXPÉRIENCE AVEC JANGHI AU SÉNÉGAL


Salut à tous! 
Avant de vous raconter notre expérience avec Janghi, nous aimerions nous présenter. 
Nous sommes un groupe de cinq amis – Hamin, Marco, Sofia, Thierno et Tommaso – 
et cet été nous avons eu la chance de nous rendre à Dakar pour une période de cinq semaines. 
Actuellement nous fréquentons la dernière année du lycée scientifique à Milan et nous sommes dans la même classe. 
Maintenant, sans tarder, nous voudrions vous parler de ce qui a réellement été notre séjour au Sénégal.

Et voilà comment nous avons quitté Milan le 1er juillet, avec beaucoup d’espérances, envie de connaître et découvrir une réalité tellement différente de la nôtre. 
Notre activité de volontariat consistait à nous mettre en relation avec les élèves de l’école Enfance & Paix, située dans le quartier populaire de Parcelles Assainies.
Nous sommes allés à Dakar avec l’objectif de nous mettre en jeu, d’aider des jeunes qui n’ont pas eu les mêmes opportunités que nous, mais avec lesquels nous partageons les mêmes souhaits et espoirs. Notre expérience a été un véritable échange, qui a enrichi aussi bien eux que nous.
Nous voudrions mettre en évidence cinq aspects de notre aventure, que nous estimons les plus significatifs: 
  1. les cours journaliers à l’école avec les talibés, 
  2. le nettoyage du Daara (demeure des talibés à Dakar ainsi que lieu où ils apprennent le Coran), 
  3. la visite à la Réserve naturelle de Bandia, 
  4. l’excursion à l’île de Gorée et enfin 
  5. notre séjour de quatre jours dans les villages natals des talibés élèves de l’école.


LES COURS

Bien que les écoles au Sénégal (tout comme celles italiennes) soient fermées pendant le mois de juillet, l’école d’Enfance & Paix a fait une exception pour les talibés, qui pendant le Ramadan (mois de jeûne) n’ont pas suivi les cours. Dès lors, afin de récupérer les heures perdues, les talibés ont continué d’aller à l’école jusqu’au début du mois d’août. Et c’est pendant cette période que nous sommes intervenus!
Les cours se déroulaient du lundi au samedi pendant l’après-midi, afin de permettre aux talibés de pouvoir se consacrer à l’étude du Coran dans la matinée. Notre tâche consistait essentiellement à assister aussi bien les professeurs, en favorisant le déroulement des cours, que les élèves, en leur facilitant l’apprentissage.
Les élèves étaient d'age différent: à partir des enfants d’environ 5-6 ans jusqu'aux adolescents de notre âge (étudiants de 18 ans). Une fois que chacun de nous avait été affecté à une classe, nous nous confrontions avec les respectifs professeurs afin d’identifier les élèves les plus problématiques et qui nécessitaient d’une attention accrue. 

Chacun de nous a eu l’occasion d’interagir activement dans la programmation et le déroulement des cours, en organisant des activités et de jeux, ainsi qu’en utilisant des méthodes éducatives innovantes, comme par exemple l’emploi des systèmes technologiques.

La communication avec les enfants a sûrement représenté le principal obstacle, surtout pour ceux d’entre nous qui s'occupaient des plus petits. En effet, les talibés parlent wolof (première langue du Sénégal) et ils étudient l’arabe dans le but de lire le Coran; le français est parlé seulement à l’école, bien qu’il soit nécessaire afin d’accéder au monde du travail.


NETTOYAGE DU DAARA

Le nettoyage du Daara a été une de nos premières activités, insérée dans un projet pour la sensibilisation à l’hygiène personnelle et collective, promu par trois volontaires canadiennes. 
Donc, un matin nous nous sommes dirigés au Daara, armés de râteaux pour recueillir les déchets à l’extérieur, de brosses et bassines pour laver les vêtements des talibés, et surtout de beaucoup de bonne volonté. 



Même si l’expérience a été assez fatigante, elle nous a permis d’entrer en contact plus en profondeur avec les talibés et en dehors du milieu scolaire, ainsi que de travailler avec eux comme une équipe. Les talibés et surtout le Marabout Omar (éducateur et maître coranique) nous ont ouvert leurs portes, en se démontrant extraordinairement disponibles et accueillants. 
A la fin nous nous sommes tous réunis pour la prière et pour recevoir la bénédiction du Marabout.

Nous avons eu par conséquent la possibilité de découvrir le lieu où ils vivent, mangent, prient, dorment… un lieu si différent de ce ceux qui nous sommes habitués à voir, mais qui représente tout pour les talibés.


RESERVE DE BANDIA

La Réserve de Bandia est la première réserve naturelle privée du pays, créée en 1968 au cœur d’une forêt de baobabs africains. Elle compte une surface d’environ 3 500 hectares et présente une faune richement hétérogène.
Après s’être rencontrés le matin devant l’école, avoir fait l’appel et distribué à chaque enfant le typique t-shirt jaune de Janghi, nous sommes partis pour cette journée à la découverte de plusieurs espèces animales. 
Nous sommes allés à la réserve avec un carrapide, un moyen de transport largement diffusé au Sénégal , semblable à un bus. 




A notre arrivée, les enfants avaient hâte de voir les animaux dont ils avaient tant entendu parler dans les contes populaires: et c’est ainsi que, avec beaucoup de curiosité et enthousiasme, nous avons finalement commencé notre tour.


A la fin du tour, tous les enfants étaient très excités: les girafes, les zèbres, les rhinocéros et les redoutables crocodiles, ont toute de suite attiré leur attention et leur intérêt.


ILE GOREE

Connue comme île des esclaves, l’île de Gorée, en raison de sa position stratégique, a représenté un important nœud pour les traites négrières pendant plus de trois siècles, où les Européens regroupaient les esclaves qui auraient été amenés en Amérique. Toutes ces choses ont été expliquées aux enfants par un professeur d’histoire, qui un jour avant la visite de Gorée a tenu une conférence à l’école.
Atteinte la chaloupe avec le carrapide (comme d’habitude…), nous nous sommes embarqués pour l’île. 



Là-bas nous avons visité la Maison des esclaves, un lieu où les esclaves attendaient leur inexorable départ pour l’Amérique, 


et le Musée de l’esclavage. 


Après une matinée de visites et explications, les enfants se sont finalement baignés dans la mer. 





C’était leur première fois: en effet, même s’ils habitaient à Dakar, une ville entourée par la mer, ils n’avaient jamais eu la possibilité de se baigner dans le magnifique océan. 





Enfin le déjeuner (offert par la famille d’une fille sourde-muette à laquelle Janghi a payé les frais scolaires pour une école spécialisée) a représenté un moment d’union et de partage entre nous, les talibés et les accompagnateurs. 


Donc, la visite a été de grande importance pour les enfants, parce qu’il est très important de connaitre les origines et les événements historique qui ont porté à la situation actuelle.




VILLAGES
Après six longues heures de voyage en voiture, pendant lesquelles on a eu l'occasion d’affronter la forte chaude typique du Sénégal de l'intérieur, 

nous sommes enfin arrivés à Niahène, avec le Marabout, quelques talibés et un infirmier qui avait été talibés en Gambie quand il était petit. 

Notre objectif était celui de faire prendre conscience aux familles de l'importance des documents d'identité, sans lesquels les enfants ne peuvent pas avoir accès à l'éducation publique. 
L'infirmier qui nous a accompagnés a joué un rôle fondamental, car il connaissait déjà la vie des villages. 

Pendant les quatre jours de notre séjour nous nous sommes rendus compte de combien notre expérience ait été spéciale et unique, mais aussi éducative: les villageois nous ont tout de suite fait vivre pleinement la vie du village en nous montrant leurs activités et leur style de vie. 




Pendant cette visite, nous avons été touchés surtout par l'incroyable hospitalité et la gentillesse des locaux. Dans le village où on dormait, tout le monde se préoccupait de nous faire plaisir et tous étaient disponibles à nous faire connaître leur vie quotidienne. 



Aussi bien les enfants que les jeunes, étaient très heureux de notre présence. 

Le soir, après avoir rendu visite aux parents des talibés, nous avions l'occasion de passer du temps avec les enfants pour jouer ensemble 



et avec les plus grands pour nous confronter sur nos différences culturelles, assis sous les étoiles. 


Les quatre jours sont passés tout de suite et peut-être ont-ils été les jours les plus émotionnants de notre séjour au Sénégal; au moment de rentrer, tout le monde est venu nous saluer et, pour nous, ça a été vraiment dur de devoir leur dire adieu. 
C'est peut-être pour cela que le voyage de retour a été certainement moins enthousiasmant que celui de l'allée, l’atmosphère était beaucoup plus triste et mélancolique. 
Le dernier touchant souvenir a été le cadeau que les petites filles du village nous ont fait lorsqu'on était presque arrivé à Dakar: elles nous ont appelé au téléphone et elles en ont profité pour nous faire entendre toutes les chansons qu'on leur avait appris, en nous montrant comment, elles aussi, s'étaient attachées à nous dans une période aussi courte.

                                              Hamin, Marco, Sofia, Thierno et Tommaso